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Atelier 8|02

Une collection trait d’union entre Genève et Beyrouth

par Marie-Adèle Copin

25 MAI 2018

Fashion

Maya Kaadan est une designeuse suisso-syrienne. Elle lance sa collection de vêtements éthiques dont le vernissage aura lieu ce soir à Genève. Les habits sont confectionnés par des réfugiées syriennes au Liban.

Maya Kaadan est une créatrice engagée. À 34 ans, cette suisso-syrienne se sent investie d’une mission: exprimer sa colère vis-à-vis de la guerre en Syrie à travers la mode. Pour la deuxième année consécutive, elle lance une ligne de prêt-à-porter éthique et féministe. Les vêtements sont confectionnés par des femmes réfugiées syriennes à Beyrouth (Liban), ainsi que par une couturière tunisienne. Dès ce soir, ses créations seront exposées dans une galerie à Genève. On lui a posé trois questions et demi.

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Atelier 8|02

Friday: Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec des femmes réfugiées?

Maya Kaadan: Je suis née à Damas et j’y ai grandi jusqu’à mes 23 ans, l’âge auquel je suis arrivée à Genève. Quand j’ai fini mes études à la Haute école d’art et de design (Head), la guerre venait d’éclater en Syrie. J’avais du mal à exprimer ma colère. Je me suis spécialisée dans l’image de la guerre dans l’art contemporain. Et puis, il y a eu une vague migratoire de réfugiés à Genève. J’ai rencontré des femmes qui avaient tout perdu. Un jour, l’une d’elle m’a proposé de me tricoter un pull. C’était magnifique! À partir de ce moment-là, j’ai compris que j’avais trouvé ce que je cherchais. Je ne suis pas quelqu’un qui va sur le terrain, mais je peux apporter mon regarde artistique.

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Atelier 8|02

Parmi les couturières, il y a également une femme tunisienne….

M.K: Oui, avant la révolution cette femme avait un atelier de couture. Après le printemps arabe, quelque 800 ateliers ont fermé en Tunisie et beaucoup de femmes ont perdu leur travail. J’ai voulu donner une nouvelle chance à cette femme.

D’une manière générale, je mets en valeur leur artisanat. Mon but, c’est de montrer que ces femmes ont un savoir-faire. En vendant mes créations, cela me permet de financer un nouveau projet avec elles, afin que cela devienne leur travail à long terme.

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Atelier 8|02

Que pensez-vous de l’avenir de la mode éthique?

M.K: La mode change tellement vite aujourd’hui. À cause entre autres d’Instagram et des réseaux sociaux, on ne sait plus ce qu’on aime, on a tout vu. La mode éthique a ce caractère noble.

Justement, est-ce que ça ne s’adresse pas qu’à une élite qui peut se le permettre financièrement?

M.K: Effectivement, ce sont des vêtements qui coûtent plus cher. Mais selon moi, il faut changer notre manière de faire du shopping. Certaines personnes préfèrent accumuler des habits peu coûteux et d’autres préfèrent investir dans un beau pull qui durera toute une saison. Aussi, quand on sait que tel vêtement a été fabriqué de manière éthique, ça lui donne une certaine valeur. C’est un sentiment agréable. De plus, comme ils sont produits en petite quantité, ils apportent une dimension d’authenticité.


La collection de Maya Kaadan, intitulée Have you seen Elissa?, est à découvrir dès ce soir et jusqu’au 9 juin à la galerie Analix Forever, 2 rue de Hesse à Genève.

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