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Mais pourquoi je brille quand je mets de la crème solaire?

par Eva Grau

2 JUIN 2018

Beauty

Se protéger efficacement contre le soleil sans se retrouver avec une peau luisante tient parfois de la sinécure. Question de génétique mais aussi de produit mal adapté. Explications de spécialistes.

Elle peut être fluide ou crémeuse. De grande marque ou de grande surface. D’un indice de protection ultra-élevé ou plutôt moyen. Rien n’y fait. A chaque fois que je mets de la crème solaire, le verdict est implacable: juste après l’application ou quelques heures plus tard, j’ai l’air de m’être tartiné le visage avec du beurre clarifié.

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A première vue, pourtant, la crème solaire est une crème comme les autres. Une émulsion, à savoir un mélange de gras et d’eau. A un détail près: elle contient un filtre solaire. Et c’est ce qui fait toute la différence. «Le filtre ne peut être conservé que dans les lipides contenus dans le produit, explique Konstantine Buxtorf Friedli, dermatologue à Plan-les-Ouates (GE). Donc une protection solaire doit forcément être un peu grasse et dense. Elle l’est d’autant plus que l’indice de protection est élevé.»

Question de génétique

La qualité de la peau a bien sûr son importance. «Une peau grasse aura naturellement plus tendance à briller car ses glandes sébacées produisent plus de sébum, continue le médecin. Ces glandes sont influencées par les hormones. Il est clair que si vous avez plus d’androgènes, vous aurez plus de sébum et donc la peau plus grasse. C’est génétique.»


L’âge est aussi déterminant, puisqu’il a un effet sur les hormones. «En général, les ados ont plus d’androgènes, aussi elles auront tendance à avoir la peau plus grasse qu’une femme ménopausée dont la peau sera plus sèche», explique la Dre Buxtorf Friedli. Quant à la couleur de peau, elle influe aussi sur la brillance. «La peau des Japonais, par exemple, brille moins que celles des Noirs, tout comme le vieillissement de la peau se fait à une vitesse différente selon qu’on est Blanc, Noir ou de type asiatique.»

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Bonne nouvelle: les progrès de la cosmétique permettent de faire la nique au déterminisme génétique. «Il y a eu une évolution technologique extraordinaire en matière de galéniques (ndlr: forme d’un produit ou un médicament, telle que la pilule, la crème, la gélule, etc.)», confirme Véronique Chesney, formatrice aux métiers de la parfumerie et de la cosmétique chez Swiss Beauty Training, à Lausanne.


«Dans les solaires, il existe des huiles sèches, des émulsions, des gels matifiants ou encore des sprays, précise la spécialiste. Il y a une réponse à toutes les natures de peau, de la plus sèche à la plus grasse. Normalement, si l’on emploie un produit matifiant adapté, on ne devrait pas briller. Mais pour bien le choisir, il faut se faire conseiller.»

Le nombre de cancers explose

L’erreur à ne surtout pas commettre? Faire l’impasse sur la crème solaire sous prétexte qu’elle nous fait luire. «On constate une augmentation faramineuse des cancers de la peau, particulièrement les cancers «blancs» (carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire, carcinome de Merkel, etc.), par opposition au cancer «noir», à savoir le mélanome, dit la Dre Buxtorf Friedli. C’est lié à notre mode de vie, au vieillissement de la population et sans doute aussi à d’autres facteurs que l’on ignore encore.»


«Cela dit, conclut la dermatologue, il n’est pas forcément nécessaire de se barricader derrière de la protection 50 toute l’année. L’important, c’est de ne pas oublier que la meilleure protection contre le soleil, ce sont les habits.»

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